Nos connaissances en matière d’effets combinés des pesticides sont encore très lacunaires. Par le seul fait de boire et de nous nourrir, nous sommes exposés quotidiennement, non seulement à certains pesticides dont nous ne connaissons pas encore bien les effets individuels potentiels à long terme, mais encore à un mélange diversifié de pesticides. Alors, autant éviter au maximum les sources de contamination.
Les pesticides peuvent agir en interaction ou combinaison les uns avec les autres. L’interaction est dite antagoniste lorsqu’un pesticide diminue la toxicité d’un autre, cumulative lorsque sa toxicité s’additionne à celle d’un autre et synergique quand la toxicité est multipliée.
Nous savons que de nombreux pesticides cancérigènes - qui ont la faculté d’induire des cancers à dose extrêmement faible - peuvent agir en synergie. Il en va de même pour les pesticides qui, à très faible dose également, perturbent le fonctionnement hormonal en interférant avec la synthèse, la sécrétion, le transport, la fixation, l’action ou l’élimination des hormones, et sont ainsi susceptibles de favoriser, entre autres, cancers du sein, de la prostate, des testicules, une baisse de l’immunité, des effets neuro-comportementaux, des altérations de la thyroïde… . Le piperonyl butoxyde agit en synergie avec les pesticides de la famille des pyréthrinoïdes et retarde leur dégradation dans l’organisme comme il retarde également celle des pesticides des familles des organochlorés et carbamates. De même, les organophosphorés inhibent la dégradation des pyréthrinoïdes.
L’effet cumulatif des pesticides organophosphorés et carbamates qui agissent sur le système nerveux par le même mécanisme d’action toxique sont bien connus. Cet effet cumulatif n’est toutefois toujours pas pris en considération pour la détermination, pour chaque organophosphoré et carbamate individuel, des concentrations maximales admissibles en résidus, au niveau des denrées alimentaires. Or, une étude hollandaise récente a pu montrer que si l’on additionnait les toxicités des organophosphorés et carbamates présents simultanément ou successivement au niveau des diverses denrées du régime alimentaire d’enfants hollandais, ceux-ci étaient alors exposés à une dose globale pouvant conduire à des effets chroniques et même parfois aigus sur le système nerveux.
Citons encore les pesticides de la famille des dicarboximides dont il serait nécessaire de cumuler les potentiels toxiques respectifs.
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